Le gouvernement prolonge les soldes, les fédérations sont sceptiques
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Quinze jours de soldes en plus pour les enseignes qui auront la possibilité de maintenir la pratique commerciale jusqu’au 2 mars prochain. Pas de quoi satisfaire certaines fédérations qui étaient contre leur report au 20 janvier.

Certaines enseignes étaient pour, d’autres contre. Finalement le gouvernement a tranché. Les soldes seront prolongées de quinze jours jusqu’au mardi 2 mars prochain. Pour Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, voilà surtout la possibilité pour les commerçants de renforcer un peu leur trésorerie. “Certaines enseignes ne voient pas cette prolongation d’un très bon œil car elles souhaitent d’ores et déjà mettre en place leur nouvelle collection. Mais visiblement, certains de nos adhérents dans la chaussure ou le textile vont s’en servir pour redynamiser leurs périodes de soldes.” Pour la fédération, l’idée de repousser la date des soldes au 20 janvier dernier était mauvaise. Maintenir la date initiale des soldes au 6 janvier aurait permis, dès le début du mois, d’assurer l’écoulement des stocks en amont, de reconstituer plus tôt la trésorerie des magasins ou encore de préserver les autres périodes commerciales (notamment la Saint-Valentin, le 14 février) et de ne pas empiéter également sur les vacances scolaires.

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Un constat partagé par la FCA pour qui le gouvernement n’aurait pas dû également repousser la date des soldes. “C’était une demande de la part des commerces indépendants. Mais l’on sait qu’en prévision de soldes prochaines, les consommateurs décalent leurs achats. Ce sont les premières semaines de soldes qui en déterminent la qualité. Elles ont été mauvaises. Ce n’est donc pas quinze jours de plus qui vont changer grand-chose à l’affaire. Le gouvernement avait un temps réfléchi à financer une partie des stocks. Dommage que cette réflexion ne soit pas allée au bout”, remarque Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la fédération du commerce coopératif et associé (FCA).

Du côté de l’Alliance du Commerce, on tempère un peu ce scepticisme. “Certaines de nos enseignes, notamment de l’habillement, des chaussures et les grands magasins, étaient demandeuses de cette possibilité de prolonger les soldes de deux semaines pour écouler leurs stocks”, remarque Yohann Petiot, directeur général de l’Alliance du Commerce. En somme, pour les magasins fermés, le prolongement des soldes permettrait d’écouler le stock via Internet ou les autres points de vente restés ouverts. Mais pour l’organisation, si la mesure est utile, elle n’est pas suffisante. À la Fédération française de la franchise (FFF), on pense surtout que ces quinze jours permettront aux magasins qui auraient été tentés de s’affranchir de cette permission de ne pas risquer d’être requalifiés en soldes déguisées. “Les deux principaux problèmes sont le couvre-feu généralisé à 18h qui empêche les achats plaisirs et la fermeture des centres commerciaux. Sur ces deux points, nous n’avons aucune visibilité. C’est une vraie catastrophe”, souligne Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la fédération française de la franchise.

En revanche, les commerçants indépendants restent très favorables à ces soldes prolongées. “J’avais appelé ce prolongement de mes voeux. Le gouvernement a répondu favorablement à notre demande. C’est fait et c’est tant mieux. C’est la seule période où les commerces indépendants peuvent vendre à perte et liquider tout leur stock”, s’enthousiasme Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France.

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