Guillaume Lucas (Vinci Immobilier) : “Nous souhaitons redensifier les centres commerciaux existants”
Les Passages Mériadeck (centre-ville de Bordeaux)
Temps de lecture estimée : 2 minutes

À Bordeaux, Vinci Immobilier vient de faire l’acquisition de la galerie commerciale Les Passages Mériadeck auprès de la foncière néerlandaise Wereldhave. L’occasion de faire le point sur la stratégie du promoteur avec Guillaume Lucas, directeur général adjoint pôle commerces chez Vinci Immobilier.

Située en centre-ville de Bordeaux, la galerie Les Passages Mériadeck fait-elle désormais de votre politique d’acquisition ?

Oui, clairement. Notre politique s’inscrit désormais dans une redensification des centres commerciaux existants. Nous réalisons des opérations mixtes qui couplent logements, bureaux et galeries commerciales. Avec plus que jamais à l’esprit, cette notion de centre-ville et de proximité. De même, la partie loisir sera amenée à être développée. À Bordeaux, nous accueillerons en sous-sol le plus grand centre de réalité virtuelle d’Europe sur plus de 3 000 m².

Pourquoi ce choix ?

Les avantages qui ont dicté notre stratégie : une proximité avec les transports en commun, un endroit premium bis. C’est un ensemble commercial de 7 500 m² répartis sur 2 niveaux, dont 5 500 m² sont d’ores et déjà commercialisés. Avec le départ de deux marques phares, Desigual et Darty, le centre commercial devait être redynamisé. Tous les commerces de notre projet seront accessibles depuis la rue, autonomes et indépendants. Il faut créer de nouveaux usages. D’où la partie loisir comme je l’indiquais. Une fois cet espace arrivé à l’équilibre d’ici un à deux ans, nous nous tournerons vers des foncières, investisseurs institutionnels, qui pourront alors exploiter ce nouvel espace.

A LIRE AUSSI : Maurice Bansay (Apsys) : “le couvre-feu, c’est un manque à gagner qui peut aller jusqu’à 15 %”

Est-ce à dire que vous n’irez plus sur des créations ex-nihilo ?

Non, ce n’est pas ce que je dis. À Nice ou encore au Havre, nous avons fait sortir de terre des ensembles neufs. En revanche, face aux hypermarchés qui réduisent leur surface, un autre modèle est possible. Vous constatez comme moi que le commerce souffre en termes de développement. Le marché des centres commerciaux est ultra-mature, voire saturé. Aujourd’hui, tout se joue sur la transformation de l’existant. Avec l’idée de redynamiser le centre-ville, Vinci Immobilier a imaginé un projet à Lille, baptisé “Le 31”, car situé au 31 rue de Béthune, qui transforme les 25 000 m² de surface commerciale existante à 10 000 m². Le solde se ventilant entre différents espaces de bureaux et un hôtel. Mais toujours en centre-ville, dans un endroit premium bis.

Est-ce la pandémie actuelle qui vous oriente vers cette stratégie ?

Non, pas du tout. Ce n’est pas une histoire de jauge de surface commerciale. C’est une simple évolution du commerce. Comme je vous l’expliquais plus haut, le marché des centres commerciaux est saturé. On assiste à une baisse régulière de la fréquentation et une stagnation du CA des enseignes. Le mouvement des Gilets Jaunes et les grèves de 2019 ont accéléré cette tendance. Tout comme la crise de la Covid-19 qui aura été un accélérant. Dans le cadre des retail parks qui sont en périphéries des villes et qui bénéficient d’espaces extérieurs, l’impact de la crise aura été moins fort. Mais encore une fois, nous mettons l’accent aujourd’hui sur le centre-ville. Et puis ces transformations sur l’existant, cela nous permet également d’optimiser notre bilan carbone.

A LIRE AUSSI : Centre commercial, quel modèle pour demain ?

Laisser un commentaire

Fermer le menu