Bio c’Bon, l’histoire d’un rachat
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En signant la reprise de l’enseigne Bio c’Bon, le groupe Carrefour accélère son développement sur le bio avec une implantation résolument urbaine.

Si l’offre de Carrefour a été finalement choisie dans le cadre de la reprise de l’enseigne Bio c’Bon, on commence à en apprendre un peu plus sur l’historique de ce rachat. Pilotée par le cabinet d’avocats Clifford Chance, pour Carrefour, l’opération a été aussi et surtout menée par Benoit Soury, ancien directeur général de La Vie Claire, devenu en 2018 le monsieur Bio du groupe dirigé par Alexandre Bompard.

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Concrètement, l’offre de Carrefour porte sur 107 magasins et la reprise de 1 100 salariés. Sur un total, du moins sur le papier, de 120 magasins. Sur le papier car un certain nombre de magasins Bio c’Bon ont vu leurs baux commerciaux résiliés pour raison de loyers impayés. Indéniablement urbaine, l’enseigne Bio c’Bon est implantée de manière significative en Île-de-France. À noter, et c’est important, que la marque continuera d’exister par elle-même. Selon une source proche du dossier, l’offre de Carrefour s’élèverait à 60 millions d’euros pour les seuls magasins. À cela va s’ajouter toutes les charges augmentatives du prix. Plus les prêts afférents. Bien entendu, le groupe s’est engagé à investir plusieurs dizaines de millions d’euros pour redresser l’enseigne. À noter que si le groupe a été capable de mettre 60 millions d’euros sur la table pour les seuls magasins, le numéro 2, en lice pour la reprise auprès du tribunal de Commerce de Paris, n’était en mesure de n’apporter lui que 10 millions d’euros.

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On se souvient que cette reprise, véritable feuilleton de l’été, avait aiguisé les appétits de plusieurs autres enseignes parmi lesquelles Auchan, Biocoop, La Vie Claire ou encore la famille Zouari. Naturalia, ayant jeté l’éponge au début du mois d’octobre. “L’offre de Carrefour était incontestablement la mieux-disante d’un point de vue tant financier, social qu’industriel et il ne fait pas de doute que le projet de redéploiement de Carrefour pour la dynamisation de la marque et du réseau Bio c’Bon a convaincu le tribunal”, explique l’avocate de Carrefour, Maître Delphine Caramalli, associée au sein du cabinet d’avocats Clifford Chance.

En revanche, l’offre ne comporte pas la reprise de l’entrepôt logistique d’Athis-Mons [Essonne] mais prévoit en revanche la reprise de son personnel. “Ce dernier sera re-affecté [selon les postes concernés] soit dans l’un des entrepôts du groupe Carrefour situés en région parisienne, soit, pour le personnel administratif, au siège social de Bio c’Bon, rue Lecourbe à Paris ou au siège de Carrefour à Massy dans l’Essonne”, précise Maitre Caramalli .

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Autre question épineuse. Celle des petits actionnaires, 3 000, au total, qui essaient de faire entendre leurs voix. Il faut rappeler que l’ancienne direction de Bio c’Bon avait eu recours à l’épargne privée pour développer son réseau de magasins. Avec le dépôt de bilan, ces derniers ne sont cependant pas prioritaires dans l’ordre des indemnisations mises en place par le liquidateur. Arriérés de salaires, Urssaf, État, frais de justice, bailleurs, etc. D’où le prix de cession élevé de Carrefour qui devrait permettre un ruissellement progressif vers ces petits actionnaires.

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