Jean-Pierre Dry : “Le télétravail a modifié l’acte d’achat”
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Nommé vice-président de la fédération de la FCA, le 9 décembre dernier, Jean-Pierre Dry revient sur l’année 2020, les enjeux du commerce de demain et les nouvelles formes de consommation.

Que retiendrez-vous de cette année 2020 ?

Cette année a véritablement vu la scission entre les commerces dits “essentiels” et les autres. Les premiers ont connu des dégâts collatéraux, mais somme toute minimes. Notamment, lors du second confinement, où ils ont été privés d’un certain nombre de ventes. Je pense aux rayons culture, par exemple. Les autres commerces dits “non essentiels” sont beaucoup plus en souffrance et connaissent de plus grandes difficultés. Pour le secteur de la parfumerie que je connais bien [il est président d’honneur du groupement Passion Beauté], nous étions à -25 % à la fin du mois de novembre. Certes le e-commerce nous a permis d’atteindre régulièrement des augmentations de 50 % de CA sur cette branche mais tous les commerçants ne sont pas toujours équipés. De même, les enseignes doivent composer avec la répercussion des marges réalisées par le digital auprès des associés lorsqu’ils participent indirectement ou directement aux ventes en ligne.

Comment voyez-vous l’évolution du commerce ?

Il est difficile de répondre à cette question. Le commerce de proximité est souvent évoqué. Mais qui du centre-ville ou du centre commercial tirera son épingle du jeu ? Le télétravail a bouleversé la donne. On se dirige vers un changement du site d’achat. Si l’on habite à vingt kilomètres de son lieu de travail, les contraintes sont différentes. D’autant plus, si on se dirige vers un troisième confinement en février prochain comme le gouvernement semble le dire à demi-mot. Le sanitaire a pris le pas pour des raison évidentes. Les enseignes ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

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Le gouvernement a été à l’écoute des commerçants. Les aides ont été déployées. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

En règle générale, les prêts garantis par l’État (PGE) ont été majoritairement contractés. Il faut voir comment vont se passer le remboursement des échéances en mai ou juin de l’année prochaine. Même si on semble s’orienter vers un aménagement ou un report d’échéances. De même, le chômage partiel a bien fonctionné. Sans surprise, je vous dirai que les assureurs n’ont pas joué le jeu. Quant aux loyers, c’est très variable. On assiste à beaucoup d’aménagement au niveau local. En revanche, il est encore un peu tôt pour voir si le recours au crédit d’impôt en novembre pour les loyers a été efficace.

Quelles seront les missions de la FCA en 2021 ?

Nous allons, car c’est un travail de longue haleine, travailler sur les prochaines élections présidentielles de 2022 pour préparer un cahier des charges à destination des futurs candidats. Il ne faut pas oublier que la FCA pèse quelque 159 milliards d’euros de chiffre d’affaires aujourd’hui. Le commerce coopératif et associé représente 30 % du commerce détail français. C’est loin d’être négligeable. À plus court terme, en cas de troisième confinement, il nous faudra être réactif et faire preuve de souplesse.

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Jean-Pierre Dry

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