Tourisme : le gouvernement annonce un plan de sauvetage de 18 milliards d’euros
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Le gouvernement a annoncé un plan “sans précédent” de “18 milliards d’euros d’engagements” en soutien au tourisme. Un secteur qui, avec l’épidémie de coronavirus, “fait probablement face à la pire épreuve de son histoire moderne”, selon Édouard Philippe.

 

Alors que le déconfinement se poursuit, les hôtels, les restaurants et les voyagistes restent à arrêt. Ainsi, 90 % des établissements de la filière du tourisme sont fermés depuis mi-mars. “Le tourisme fait face à la pire épreuve de son histoire moderne, alors même que c’est l’un des fleurons de l’économie française. Son sauvetage est donc une priorité nationale”, a déclaré Édouard Philippe, jeudi 14 mai, au sortir d’un comité interministériel dédié au secteur.

Pour soutenir un tourisme sinistré, le Premier ministre a d’abord indiqué que “les Français pourront partir en vacances en France au mois de juillet et au mois d’août, en métropole et en Outre-mer”, sous réserve “de possibles restrictions très localisées” (1). Ensuite, il a annoncé que l’État consacrerait au secteur un “effort global” de 18 milliards d’euros.

Après avoir débloqué une aide d’urgence, dont 62 000 entreprises du secteur ont d’ores et déjà bénéficié (pour 6,2 milliards d’euros de prêts garantis par l’État), le gouvernement dit vouloir à présent “accompagner à la fois la reprise, puis la relance” d’un secteur qui représente 7 % du PIB français, ainsi que deux millions d’emplois.

 

Plus de 3 milliards d’euros de financements

“L’effort d’investissement” de l’État devrait être porté par la Banque des Territoires et Bpifrance, “qui ont formalisé un plan de relance Tourisme commun de plus de 3 milliards d’euros de financements entre aujourd’hui et 2023”, sous forme de prêts et d’investissements en fonds propres.

Ce plan de 18 milliards d’euros englobe aussi les mesures de chômage partiel, les prêts garantis par l’Etat, les exonérations sociales ou encore les reports d’impôts. Concrètement, le gouvernement annonce un “renforcement des dispositifs de prêts au secteur hôtellerie-restauration-tourisme”, avec un “Prêt garantis État” (PGE) rebaptisé “Prêt garantis État Saison” aux conditions plus favorables. Le fonds de solidarité restera également ouvert pour les entreprises du secteur  jusqu’à fin 2020.

Autre mesure : les cotisations sociales patronales dues entre mars et juin seront exonérées, “tant que les fermetures dureront”. “Pour aller plus loin, un crédit de cotisations de 20% des salaires versés depuis février sera accordé aux entreprises pour accompagner la reprise d’activité”, indique Édouard Philippe. Concernant le chômage partiel, les entreprises du tourisme pourront continuer d’y recourir “dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui”, au moins jusqu’en octobre.

 

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“Un engagement sans précédent, massif, nécessaire”

“Un engagement de plus de 18 milliards d’euros pour les finances publiques, c’est sans précédent, c’est massif, c’est nécessaire”, estime Édouard Philippe. En outre, le gouvernement a toujours pour objectif une réouverture des cafés, bars et restaurants “dès le 2 juin” dans les départements classés verts. Une date devrait être fixée au cours de la semaine du 25 mai. Pour “soutenir la demande”, le plafond journalier des tickets-restaurants sera doublé, à 38 euros, et leur utilisation sera autorisée les week-ends et jours fériés, jusqu’à fin 2020. Enfin, un plan en faveur du “tourisme social”, pour aider les Français aux moyens modestes à partir en vacances, devrait être annoncé “dans les prochains jours”.

 

“Une dette que nos entreprises devront rembourser en 2020 et 2021”

Sur France 24, Roland Héguy, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), précise que « ces 18 milliards seront une dette que les entreprises devront rembourser tout au long des années 2020 et 2021, voire 2022.” Les frontières internationales restant fermées, “toute une clientèle étrangère, qui représente 35 % de notre chiffre d’affaires, nous manquera énormément, de même que l’événementiel et le tourisme d’affaire, sportif et culturel”, ajoute-t-il, incitant les Français à “partir en vacances cet été” pour soutenir un secteur qui aura besoin d’une “impulsion économique”.

 

(1) Le gouvernement souligne que “les acteurs du tourisme se sont engagés à faire en sorte que les réservations soient intégralement remboursées dans l’hypothèse où l’évolution de l’épidémie ne rendrait pas possible le départ en vacances”.

 

 

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