Restauration rapide sur place : vers l’interdiction de la vaisselle à usage unique ?
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Un amendement à la loi sur l’Économie circulaire en cours d’examen à l’Assemblée nationale depuis lundi 9 décembre prévoit l’interdiction des emballages à usage unique pour la consommation de produits sur place. 8 enseignes ont écrit au gouvernement pour lui demander d’organiser une “concertation pragmatique” sur le sujet.

 

Le 28 novembre 2019, la commission développement durable de l’Assemblée Nationale a adopté un amendement (qui a reçu un avis favorable du gouvernement) à la loi sur l’Économie circulaire, actuellement en cours d’examen à l’Assemblée Nationale. 

Tandis que les députés ont d’ores et déjà voté l’interdiction des plastiques à usage unique d’ici 2040, l’amendement en question prévoit l’obligation pour les établissements de restauration, à partir de janvier 2023, de “servir les repas et boissons consommés sur place dans des gobelets, y compris leurs moyens de fermeture et couvercles, des couverts, des assiettes et des récipients réemployables.”

Pour “réduire significativement les déchets à la source”

Comme l’indique un “exposé sommaire” sur le site de l’Assemblée Nationale, cet amendement vise à “réduire significativement les déchets à la source” et à « diminuer la consommation de matière plastique, alors que la consommation  hors-foyer, et notamment au sein de la restauration rapide, demeure particulièrement importante en France”.

Pour la restauration rapide, cela pourrait signifier que tout hamburger ou sandwich consommé sur place le serait dans une assiette en dur et avec des couverts réutilisables en métal. Un retour vers un modèle de consommation à table plus “traditionnel” qui pourrait impacter fortement les enseignes. Celles-ci devraient ainsi s’équiper en lave-vaisselles, revoir leur équilibre économique (basé sur des prix bas) 

Le projet de loi “antigaspillage” prévoit aussi de rendre obligatoires des affichages énonçant les mesures d’hygiène, de nettoyage et “d’aptitude au contact alimentaire” des contenants, lorsqu’ils sont apportés par le consommateur au sein des établissements de restauration.

8 chaînes ont écrit au gouvernement

En réaction à l’amendement dédié à la “vaisselle réutilisable”, 8 chaînes de restauration rapide (McDonald’s, Burger King, Quick, Brioche Dorée, Paul, Class’Croûte, Domino’s Pizza, 231 East Street) ont écrit au gouvernement début décembre, pour lui signifier son incompréhension et lui demander d’organiser avec elles “une concertation utile et pragmatique sur le sujet”. 

Les enseignes rappellent leur “engagement en faveur de la transition écologique, de la disparition du plastique et du tri des déchets”, et déplorent un amendement voté “sans étude d’impact environnemental”. Selon elles, “la mesure débattue dans le cadre du projet de loi reviendrait à changer complètement l’orientation gouvernementale auprès des filières, et d’arrêter brutalement la stratégie et les investissements importants envisagés et initiés en matière de recyclage des déchets”.

Déplorant des “changements d’orientation stratégiques répétés”, ils dénoncent enfin “un climat délétère pour l’amélioration de l’impact environnemental” de leur profession, mais assurent être “prêts à participer à des groupes de travail aux côtés des pouvoirs publics pour affiner l’ensemble des mesures et peut être même les amplifier par certains aspects.”

 

“Faudra-t-il abandonner le tri sélectif ?”

Le syndicat national de l’alimentation et de la restauration rapide (Snarr) s’inquiète également. Sa déléguée générale, Esther Kalonji, explique ainsi au site Entreprendre.bzh, que les enseignes de ce secteur “travaillent sur le tri, proposent des produits bio sourcés, facilement recyclables”. 

Et d’ajouter : “et là, il faudrait tout abandonner pour finalement proposer des assiettes et couverts en dur ? Cela veut dire qu’il faut abandonner le tri sélectif, de ne plus utiliser les contenants à base végétale, recyclables, parce qu’ils sont à usage unique ? Est-ce que de laver cette vaisselle est plus écologique ? Nous demandons aux autorités publiques d’être cohérentes, ces aménagements sont de réels investissements pour les professionnels !”.

 

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