“La volonté de tout mettre en œuvre pour secourir l’économie est palpable”
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Face à la crise sanitaire exceptionnelle qui touche la France, Véronique Discours-Buhot, déléguée générale de la Fédération française de la franchise, a souhaité faire le point avec la rédaction de L’Officiel des Réseaux.

Quelle est aujourd’hui la politique menée par la FFF face au coronavirus ?

La FFF joue son rôle de fédération professionnelle engagée pour la défense de ses adhérents et du modèle économique de la franchise. En cette période de crise inédite, nous sommes en contact régulier avec les ministères et avec les autres organisations professionnelles pour suivre et échanger sur l’impact de l’épidémie pour le commerce et les services. Nous transmettons au gouvernement une image concrète de la situation jour après jour de notre secteur. Nous sommes force de proposition pour tenter de suggérer des solutions concrètes et opérationnelles susceptibles de limiter les dommages pour nos entreprises. Nous relayons en temps réel, auprès de nos adhérents et plus largement sur notre site internet, toutes les mesures susceptibles d’aider les réseaux de franchise et leurs franchisés. Consciente qu’en cette période de crise, l’intelligence collective est souvent plus performante, nous nous associons dans nos réflexions à d’autres acteurs pour pousser nos demandes communes. Notre recherche est celle de l’utilité et du pragmatisme en cette période où le temps est précieux pour apporter les bonnes réponses et les bons soutiens. Nous sommes en relation permanente avec les adhérents pour les écouter via des enquêtes de situation, les soutenir et les informer sur les consignes sanitaires, les arrêtés et les mesures gouvernementales.

Comment la filière va s’organiser pour faire face ?

J’évoquais la force de l’intelligence collective. Les acteurs du commerce sont solidaires, sont en contact entre eux et avec les ministères pour faire remonter l’ensemble des difficultés rencontrées par les commerçants et demander ainsi des mesures de soutien adéquates face à cette situation hors norme. La FFF s’est associée à d’autres organisations professionnelles du secteur pour alerter les pouvoirs publics sur les difficultés rencontrées par les commerçants.

Travaillez-vous justement avec le gouvernement ?

La FFF a participé la semaine dernière et ce matin à une réunion téléphonique de crise organisée autour de Bruno Le Maire, Muriel Pénicaud, Gérald Darmanin, Didier Guillaume, [ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation], Jean-Baptiste Lemoyne [secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères] et enfin Agnès Pannier-Runacher [secrétaire d’État auprès du ministre de l’Economie et des Finances], pour faire un point sur l’impact du coronavirus sur le commerce, en faisant remonter les difficultés rencontrées par les commerçants (trésorerie, chômage partiel, etc.)

D’autres rencontres sont-elles prévues ?

Ces réunions sont régulières et nous faisons en sorte qu’elles soient pragmatiques et utiles. L’écoute, et la recherche de solutions réelles et opérationnelles ont toujours été de mise et les jeux politiques ou d’égo n’y ont pas leur place. Les ministres sont à l’écoute et répondent à nos questions en toute transparence.

Que souhaitez-vous demander au gouvernement d’Edouard Philippe très concrètement ?

Aider et accompagner les entreprises du secteur à traverser cette crise sanitaire et économique pour qu’elle les impacte le moins possible, malgré la fermeture imposée de certains commerces depuis dimanche dernier et la situation encore plus compliquée depuis l’annonce du président. Nos demandes ont été vers des mesures pour faciliter immédiatement la trésorerie des entreprises comme le report des échéances sociales et fiscales, un plan d’étalement des créances avec l’appui de l’Etat et de la Banque de France, la facilité de mise en place du chômage partiel, un report des loyers par les bailleurs pour les commerçants dans les centres commerciaux. Je dois dire que les réponses du gouvernement ont été rapides et circonstanciées. La volonté de tout mettre en œuvre pour secourir l’économie est palpable et nous nous efforcerons de faire preuve d’ingéniosité pour les aider à aller plus loin dans les mesures. Pour cela le dialogue est essentiel. Je suis certain qu’il est en place.

Avez-vous des premières estimations en matière économique ?

Les franchisés de tous les secteurs sont impactés, tout particulièrement dans la restauration, l’hôtellerie et le prêt-à-porter, qui ont été très fortement perturbés depuis plusieurs semaines déjà, avec d’importantes baisses de chiffres d’affaires. L’impact économique et financier est inévitable, compte-tenu de la mise en stade 3 de la France et la fermeture de nombreux commerces jusqu’au 31 avril 2020. Les chiffres sont très hétérogènes en fonction des secteurs et des régions. Depuis samedi dernier, certains réseaux ont fermé tous leurs magasins, donc la perte de CA est totale. L’urgence est de sortir de cette crise en limitant autant que de possible les dommages et les pertes tout en préparant la relance.

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