Carrefour sur Sandbox : coup de com’ ou stratégie à long terme ?
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L’acteur de la grande distribution vient de faire un pas de plus dans le metaverse. Son partenariat avec le média Brut. est également un signal envoyé sur la volonté du groupe d’accélérer sur le digital.

Lundi dernier, le tweet d’Elodie Perthuisot, la patronne du digital chez Carrefour, a fait le buzz. Le groupe dirigé par Alexandre Bompard vient d’acquérir une parcelle de terrain virtuel sur Sandbox. Développé par les studios Animoca Brands, le jeu disponible sur le metaverse permet ainsi d’acheter une parcelle de terrain sur les 140 000 proposées par l’immense map. “les joueurs peuvent acheter et construire sur les terrains et aussi acheter des personnages, des objets et des améliorations sous forme de NFT” , comme on peut le lire sur le site clubic.com qui poursuit : Le modèle commercial de Sandbox est basé sur le play-to-earn et vous permet de gagner des jetons en jouant à des milliers de mini-jeux sur la map.” Attention, l’acteur de la grande distribution s’est donc positionné, pour l’instant, en devenant uniquement promoteur immobilier.

Pour Carrefour, certains évoquent d’ailleurs la coquette somme de 300 000 euros dépensés pour cette acquisition. Une petite parcelle se négocie aujourd’hui à 8 000 euros. S’agit-il avant tout pour le moment d’une opération de communication?  “Cela ressemble un peu à de la spéculation immobilière. Carrefour a voulu se positionner sur le metaverse de Sandbox car les parcelles vont devenir de plus en plus rares et donc de plus en plus chères. Mais pour l’instant, ils n’ont rien fait d’autre que d’acheter un terrain”, explique Rémi Le Druillenec, cofondateur de l’agence Héroïne.

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On le voit, de plus en plus d’enseignes veulent se positionner sur le metaverse avec la crainte de rater la tendance du moment. Alors Sandbox, ok, mais pourquoi faire ? On peut imaginer que les enseignes y proposeront de nouveaux produits ou y organiseront des événements spécifiques pour une clientèle forcément jeune. On pense ainsi au rappeur Snoop Dogg qui, à la fin de l’année 2021, a acquis une parcelle au sein du metaverse de Sandbox pour y faire construire virtuellement son manoir à l’identique. Derrière ce coup de communication, une histoire de gros sous puisque le chanteur compte prochainement sortir sa propre collection de tokens non fongibles (NFT) et organiser des événements payants dans son manoir virtuel.

Pour Carrefour, c’est peut-être la possibilité aussi de créer un nouveau média à part entière. Dans la foulée du tweet d’Elodie Perthuisot, le groupe a ainsi annoncé, en partenariat avec Brut., la création de Brut Shop, une plate-forme dédiée au live shopping. “ Brut Shop permettra aux utilisateurs de réaliser des achats en ligne en participant à des évènements vidéo diffusés en live streaming sur les réseaux sociaux”, explique Carrefour et Brut. Elodie Perthuisot, directrice exécutive eCommerce, data, transformation digitale du groupe Carrefour ne cache pas ses ambitions : “En mettant nos forces de distributeurs et de média social en commun, nous avons l’ambition de créer la plate-forme de live shopping la plus puissante du marché français.”

Derrière ce partenariat, on peut imaginer également une porte d’entrée supplémentaire pour faire vivre la parcelle de terrain (encore vierge) achetée sur Sandbox. Au-delà de l‘effet d’annonce, le metaverse est un terrain à défricher. “C’est encore nouveau. Si les marques y réfléchissent activement, il va se poser plusieurs questions. Que va-t-on y faire ? Les problématiques ne sont pas les mêmes que vous soyez un acteur de la grande distribution ou une marque de luxe. Et qui prendra le lead dans le développement ? le département commercial, le digital ou le commercial ?”, s’interroge Rémi Le Druillenec.

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