7 Français sur 10 fréquentent les centres-villes
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Face à la lutte contre l’étalement urbain initiée par le gouvernement, nombre de commerçants privilégient désormais l’implantation en centre-ville. Et ce, pour le plus grand bonheur des riverains, qui y voient une opportunité de faire renaître le cœur de ville, notamment après la crise sanitaire. Ils sont d’ailleurs 58 % à se préoccuper de son dynamisme, selon le 7è baromètre du centre-ville et des commerces de l’Institut CSA.

Avoir du pouvoir d’achat, se promener dans un centre-ville agréable et sécurisé n’est pas du luxe. Mais pour certains riverains, cette réalité ne s’est pas encore illustrée. Les pouvoirs publics et les mairies doivent encore améliorer la question de la sécurité, du logement, de l’accès aux transports et de l’environnement. Et surtout, inciter les commerçants à s’implanter. Telles sont les pistes de réflexion mises en avant par l’Institut CSA, dans son 7e baromètre des riverains pour le centre-ville.

On se préoccupe moins du centre-ville

58 % des riverains interrogés par l’institut CSA (2511 personnes dont 745 habitant sur une commune Action Cœur de Ville) ont aujourd’hui à cœur de préserver la vitalité des centres-villes, contre 42 % de sondés qui indiquent peu s’y intéresser. Dans le détail, 61 % des moins de 35 ans s’y intéressent, au même titre que les CSP+( 63 %) et les cadres (67 %), contre 51 % d’habitants des communes rurales, ou provenant du milieu ouvrier (52 %).

Les habitants des communes bénéficiant du programme Action Cœur de Ville (un plan national pour améliorer les conditions de vie des habitants des villes moyennes et conforter le rôle de moteur de ces villes dans le développement du territoire) manifestent un grand intérêt pour ce thème. Toutefois, les conversations se tournent aussi beaucoup vers le contexte économique et géopolitique actuel, le pouvoir d’achat (33 % de préoccupations), la guerre en Ukraine (16 %), l’insécurité (9 %), l’emploi (4 %), ou encore le logement (3 %).

Le cœur de ville reste très fréquenté

Néanmoins, si les Français parlent moins de l’aménagement de leur ville, ils sont toujours très attachés à leur centre-ville. 7 Français sur 10 s’y rendent au moins une fois par semaine, même si cette tendance est en baisse par rapport à 2021. Enfin, 22 % des sondés y habitent, 13 % s’y rendent tous les jours, ou presque. Ils sont 3 % à ne jamais fréquenter cette zone.

À noter que cette sortie hebdomadaire concerne principalement les moins de 35 ans (76 %), les hommes (74 %) et les urbains, à l’image des Parisiens (95 %) et de ceux qui vivent dans la grande couronne (76 %) ou en province (de 75 % à 65 % selon le nombre d’habitants). Et si ces derniers viennent au moins une fois par semaine, il leur arrive de ne venir qu’une fois par mois, avec, respectivement 8 % d’habitants de la petite couronne, 9 % de la grande couronne et entre 13 % et 20 % de la province.

La crise sanitaire est passée par là

Par ailleurs, et depuis la crise sanitaire, l’attachement au centre-ville s’effrite. Parmi les personnes interrogées, 61 % sont aujourd’hui attachées à leur centre-ville, contre 63 % en 2016 et jusqu’à 72 % en 2019.  Comment expliquer cette courbe descendante ? Probablement par une baisse de la fréquentation qui pourrait s’expliquer par un déclin des centres-villes. 41 % des sondés considèrent en effet que leur centre-ville décline, contre 25 % qui le considèrent en développement. La situation est même très contrastée au regard de ces 7 dernières années. Ils étaient 30% à considérer le centre-ville en déclin en 2016 et 46 % en 2020, contre 44 % et 24 % à le percevoir de façon positive à ces deux périodes clés.

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Réimpliquer les pouvoirs publics

Enfin, une importante part des sondés attend des pouvoirs publics, et plus particulièrement des mairies, qu’elles s’impliquent davantage dans la modernisation des centres-villes. 38% estiment cette mission prioritaire, au même titre que les habitants des communes Action Cœur de ville (46%).

Par ailleurs, le baromètre reflète une vraie volonté des Français à impliquer les commerçants dans la dynamisation des centres-villes. Ces derniers sont désormais considérés comme des acteurs aussi légitimes que les maires et les élus locaux pour porter une voix commune et actionner des leviers pour construire la ville participative de demain. De ce fait 50% de répondants estiment que c’est au rôle des maires et du conseil municipal de se charger de ces questions, sinon aux commerces de proximité (14%), aux citoyens (14%), ou encore aux associations locales (6%).

Quelles pistes d’avenir pour le centre-ville de demain ?

Force est de constater que la dynamisation des commerces de proximité est une priorité pour les Français (39% pour l’ensemble vs 45% pour les habitants en ACV), loin devant les problématiques de sécurité et les biens des personnes (29%), le stationnement en centre-ville (27%), la collecte de déchets (23%), ou encore les transports en commun (20%). Enfin, les sondés priorisent la présence d’espaces verts (16%) et la modernisation du centre-ville (15%). L’urgence est moindre quant au logement (14%), la vie de quartier (13%), les activités sportives et culturelles (11%) et les actions en faveur des personnes fragiles (11%). Après des mois de restrictions en raison de la crise sanitaire, les Français réclament aussi davantage de commerces alimentaires (63%), sinon spécialisés (51%), des artisans (46%), des marchés (59%) ainsi que des restaurants et terrasses (61%). Ces espaces étant perçus comme des lieux de vie et d’attractivité pour la zone (si touristique, par exemple).

Plus de boulangerie, fromagerie et boucherie

Les riverains recherchent aussi des enseignes vectrices de convivialité, à l’image des secteurs de la boulangerie (80%), de la boucherie (67%), de la librairie (60%), des journaux et papetiers (60%), ou encore de la poissonnerie et de la fromagerie (59% et 57%), là encore considérés comme essentielles. Font aussi partie de cette liste de requêtes, les tabacs (56%), les réparateurs (54%), les cordonniers (47%) et les magasins numériques (43%). L’ensemble des sondés aimerait aussi bénéficier de plus de places de stationnement (60%) et milite pour une piétonisation des rues (54%). C’est sans compter le souhait d’avoir une offre culturelle enrichie et élargie (cinéma, bibliothèque, théâtre, conservatoire, etc.).

À titre d’exemples, on peut déjà citer plusieurs villes bonnes élèves en matière d’urbanisme et de mise en place de projets pour l’amélioration de la qualité de vie. Parmi elles, Ajaccio (création d’une halle marchande), Dieppe (cinéma multiplexe), ou encore Fontainebleau (aménagement de place).

Reste aux pouvoirs publics de donner de l’écho à ces initiatives, afin de les porter à l’échelle européenne. Comme avec la création d’un observatoire européen du cœur de ville. Un projet largement plébiscité par les jeunes (67%) et par 60% de l’ensemble des répondants, dont 67% des habitants de ces communes ACV.

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